Jeudi 13 août 2009


L’info m’est parvenue grâce à la RTBF (la Radio belge de langue française à destination de l'étranger). C’est qu’à Bruxelles, comme à Paris et … Toulouse on roule sur des vélos Decaux. Dans bien d’autres villes aussi tant en France qu’à l’étranger. Mais rendons à « Challenges » ce qui appartient à « Challenges », c’est bien un journaliste de ce magazine qui a enquêté sur ces vélos.


Et il a voulu savoir où étaient fabriqués les fameux vélos Decaux.

C'est à Tószeg, une ville de 4700 habitants à 120 kilomètres au sud-est de Budapest. La multinationale néerlandaise Accell a obtenu le contrat de production du "Vélib" parisien, de son alter ego toulousain, du « Villo » belge, via sa filiale française Lapierre. Elle a confié la fabrication des vélos à son usine de Tószeg.


Et c’est là où les chaînes des cycles Decaux commencent à grincer.

Quant aux chaînes de productions hongroises, ça roule. Jugez plutôt :

La main-d’œuvre y est flexible à souhait et les salaires très bas. Le journaliste : "Là où l'usine est implantée, pas très loin de Budapest, il y  plus de 10% de chômage donc en fait il y a énormément de demandeurs d'emploi. Ils n'ont aucun mal à trouver des ouvriers pour cette usine. Les employés travaillent en moyenne 5 jours par semaine de 6h à 14h30 avec seulement deux pauses de dix minutes et un déjeuner de 20 minutes. En travaillant tout ce temps là, ils ne peuvent gagner au maximum que 352 euros par mois. Les cols blancs gagnent encore moins puisque l'on parle à peu près de 340 euros par mois".

Pour un salaire horaire de 2 euros, les 400 ouvriers de Tószeg produisent plus de 200 000 vélos par an. Ils gagnent moins que le salaire moyen hongrois dans un pays où il n'existe pas de salaire minimum garanti.


Le patron de l'usine, Zsolt Steurer : «Nous avions des capacités disponibles, et nos salariés sont très flexibles. Il est en effet difficile de trouver des conditions de travail aussi flexibles que celles proposées à Toszeg. L'usine emploie 400 salariés - la moyenne d'âge est inférieure à 30 ans - de janvier à juin. Mais 130 seulement ont des contrats à durée indéterminée. Les autres ne restent que six mois, avant de revenir, pour 70% d'entre eux, l'année suivante. «Ils apprécient le fait de pouvoir rester chez eux», dit Zsolt Steurer. Ont-ils vraiment le choix ?

Les femmes, qui travaillent surtout à l'application à la main de décalcomanies sur les cadres des vélos, touchent un salaire fixe. Les hommes, qui assemblent les pièces détachées des 300 modèles produits sur place, sont, eux, payés à la pièce. A l'extrémité de chacune des huit chaînes de montage, des écrans affichent le nombre de bicyclettes fabriquées par chaque équipe. Une façon de maintenir la pression.


Dans nos villes, les élus-décideurs promptes à l’habillage (allez ! la volonté…) verte autour des déplacements doux, de l’écologie, d’un « développement durable » attrape tout, devraient  y regarder de plus près. Dans un monde hélas toujours global on ne peut plus – on ne doit plus – en tant que consommateur, et en tant qu’élu, ne regarder que le produit qui sort de l’emballage sans savoir qui a fait le paquet.


A Toulouse, de façon heureuse, la municipalité n’a pas renouvelé le contrat publicitaire de la peu éthique banque HSBC qui habillait les vélos Decaux. Va bien falloir s’attaquer à Decaux himself ? Mais les enjeux publicitaires sont bien là. Nos villes doivent être polluées de publicités. Définitivement ? La Dépêche du Midi faisait état, récemment, de « vandales » qui s’attaquaient aux fameux panneaux publicitaires…

 

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Lundi 3 août 2009

 

Depuis le Mexique, nous recevons des nouvelles de Jean-Pierre Petit-Gras. Des nouvelles d'Atenco qui résiste... Mais pas seulement... Egalement sur la lutte contre les narcotrafiquants et un point sur le mouvement zapatiste...

A lire.

 

 

 

César ne doit pas avoir beaucoup plus de 20 ans. Mais le calme dans les gestes, la clarté de l’expression,  le regard direct et déterminé du garçon en imposent. Il faut dire qu’il a de qui tenir. Son père, Ignacio del Valle, est enfermé  depuis le mois de mai 2006 dans la prison de haute sécurité d’Almoyola de Juarez, où il purge une double condamnation : 67 ans et demi pour l’une, 45 pour l’autre. 112 années au total. Sa sœur América  fait l’objet de multiples mandats d’arrêt, pour des motifs encore plus graves que ceux qui ont conduit son père dans cette geôle où les détenus s’entassent dans des cellules souterraines, humides, obscures, et subissent  quotidiennement fouilles, menaces et humiliations. Malheureusement pour la justice de son pays, América se cache quelque part, et la police n’a pu mettre la main sur elle. Un autre frère, Ulises, se trouve lui aussi  sous le coup d’accusations qui peuvent lui valoir de sérieuses poursuites judiciaires.

Le crime d’Ignacio del Valle (Nacho) et de sa famille est effectivement de ceux qui ne se pardonnent pas.

En 2001, avec la majorité des ejidatarios  d’Atenco, il s’est opposé au décret d’expropriation pris par le gouvernement fédéral de Vicente Fox, en vue de la construction d’un immense aéroport. L’expropriation concernait 5500 hectares de terres ejidales, situées en majorité sur l’ancien lac de Texcoco, aujourd’hui asséché grâce à l’action civilisatrice des colonisateurs et de leurs successeurs, à l’efficacité et aux besoins insatiables du monde industriel et urbain.

Un ejido est un ensemble de terres en propriété collective, divisées en parcelles cultivées individuellement, et gérées par un conseil désigné par l’ensemble des ejidatarios : le consejo ejidal. Il s’agit d’une importante conquête sociale, arrachée après la révolution de 1910-17, à laquelle des millions de peones sans terre ont participé de façon déterminante.

Jusqu’en 1992, les terres des ejidos étaient inaliénables, c'est-à-dire que l’on ne pouvait  les vendre (ni d’ailleurs les utiliser à d’autres fins qu’agricoles). A cette époque, une loi modifiant l’article 27 de la Constitution mexicaine a rendu possible la vente des parcelles. Tout doit pouvoir se vendre et s’acheter, même la terre, même l’eau, même les hommes, telle est la loi d’airain du capitalisme.

Les habitants d’Atenco ont traversé le siècle sans remettre en question la propriété collective de la terre nourricière. Même si un grand nombre d’entre eux, notamment chez les plus jeunes, ont trouvé ailleurs d’autres occupations professionnelles, plus rémunératrices dans un monde où les sirènes de la consommation hurlent d’autant plus fort que la mégapole  est là, toute proche. Les atenquenses sont restés pour la plupart attachés à elle, fiers de leur indépendance alimentaire, mais aussi de la qualité des liens -traduite dans les fêtes et les pratiques de l’entraide- qui unissent les habitants des villages, heureux de vivre dans cette immense et riante tache verte, chargée de l’histoire ancienne des nahuas installés dans la région depuis des millénaires, et de celle, plus récente, des aïeux qui ont fait le coup de feu aux côtés d’Emiliano Zapata ou de Pancho Villa.

En 2001, le décret d’expropriation était accompagné d’une offre de rachat, à 7 pesos le mètre carré. Une offre qui avait sonné comme une insulte supplémentaire, au moment où la presse people révélait que l’épouse du président constitutionnel Vicente Fox achetait des serviettes de bain à 7000 pesos l’unité. Mille fois plus de valeur pour un bout de tissu destiné à tamponner les fesses ou les bajoues présidentielles que pour une parcelle de la terre mère…

Les atenquenses ont réagi avec toute la vigueur dont le peuple mexicain est capable. Les commentateurs et autres spécialistes ont tendance à oublier, quand ils se répandent sur les côtés spectaculaires du narco et de l’industrie de l’enlèvement, que les Mexicains sont un peuple profondément pacifique. Mais son sens puissant  de la justice et de la dignité, joint à un attachement viscéral à la terre et à ses racines, l’amène à s’opposer régulièrement aux tentatives brutales d’expropriation et de spoliation que la richesse de son travail, du sol et du sous-sol suscitent chez les porteurs de projets de « développement » et autres aventuriers de la « libre entreprise ».

En quelques mois, au prix d’immenses efforts, de blessés et de la mort de l’un des leurs, ils sont parvenus à mettre en échec le projet multimillionnaire du nouvel aéroport. Une des formes de résistance qu’ils ont mise en pratique, et qu’ils revendiquent fièrement, a été l’ « arrestation » populaire de hauts fonctionnaires ou de policiers, lorsque des paysans d’Atenco étaient arbitrairement enlevés et détenus par les autorités officielles. Ensuite, était organisé un échange. De leur côté, les « prisonniers » aux mains des paysans ont toujours été parfaitement traités…

Au cours des années suivantes, ils sont devenus, avec leur organisation du Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra (Front des Villages pour la Défense de la Terre), une référence, un soutien indéfectible, des conseillers attentifs et efficaces pour l’ensemble des mouvements qui dans le pays les ont sollicités à propos d’expropriations, d’abus de pouvoir, d’agressions et autres violations des droits collectifs, en particulier dans les campagnes.

En 2006, ils ont rejoint l’Autre Campagne  initiée par les indigènes zapatistes de l’EZLN. Au cours du mois d’avril de cette même année, ils ont prêté main forte à des floriculteurs, pour la plupart indigènes mazahua, auxquels la municipalité voisine de Texcoco (dirigée par le PRD, parti de la gauche électoraliste) venait d’interdire la vente dans la rue de leur production, alors qu’approchait la date de la fête pendant laquelle tous les Mexicains vont fleurir les tombes des êtres chers.

C’est alors que la vengeance de l’Etat s’est abattue sur Atenco. Le 3 mai, les policiers municipaux de Texcoco ont empêché la vente des fleurs, en violation des accords passés la veille avec les autorités. Les envoyés du FPDT, dont Ignacio del Valle, venus soutenir symboliquement les floriculteurs, ont été cernés dans une maison. Alertés, les habitants d’Atenco, à une dizaine de kilomètres de là, ont commencé à bloquer les routes. De forts contingents de policiers ont été dépêchés par le gouverneur de l’Etat de Mexico, Enrique Peña Nieto. Un garçon de 14 ans, habitant l’un des villages d’Atenco, a été abattu à bout portant par des membres des forces de l’ordre.

De violents affrontements ont suivi cet assassinat. Un policier a été roué de coups, au sol, devant l’objectif d’une caméra de la télévision. Cette scène a été repassée en boucle toute la soirée sur l’ensemble des chaînes (à côté desquelles « notre » TF1 fait bien pâle figure), accompagnée d’appels hystériques à une intervention de grande ampleur pour mettre fin à cette « honte », et « punir les habitants d’Atenco ». Le lendemain à l’aube, 3500 policiers de l’Etat de Mexico et du gouvernement fédéral sont jetés sur le village. L’opération a été préparée de longue date. Des préservatifs ont même été distribués aux membres des forces de l’ordre. Bilan de cette vengeance d’Etat : des scènes dignes d’une guerre, avec grenades offensives et gaz lacrymogènes, portes et fenêtres fracassées, dizaines de maisons saccagées. Des centaines d’habitants sont roués de coups,  sous le vol incessant des hélicos, le grognement des chiens et des sbires du pouvoir. 300 personnes sont arrêtées, une trentaine de femmes violées au cours de leur transfert, dans les cars de police. On relève de nombreux blessés, dont plusieurs par balles. L’un d’eux, un jeune étudiant de l’UNAM, membre de l’Autre Campagne, et venu la veille soutenir les atenquenses, succombera à ses blessures. La police a empêché pendant plusieurs heures l’accès d’une ambulance, malgré les demandes répétées d’un médecin.

La justice sera à la hauteur de cette opération de police : partiale, inhumaine, brutale. On ne s’oppose pas impunément à l’Etat.

Pourtant, le FPDT est toujours là. La résistance des ejidatarios n’a pas été écrasée.

Saul et Marta nous emmènent  dans leur vieille camionnette, voir l’enjeu du conflit. Au passage, nous prenons don Arnulfo. Invalide depuis 2001, en fauteuil roulant car son système nerveux a été attaqué par des solvants manipulés dans le cadre de son travail pour une entreprise de la région, il a été roué de coups par une douzaine de policiers en ce  matin du 4 mai 2006, incarcéré pendant un mois parce que l'on voulait l'inculper pour violences à agent, puis relâché sans même un mot d’excuse. Sa femme elle aussi a fait partie du lot des arrêtées. Les policiers étaient bien renseignés, Arnulfo est un paysan amoureux de sa milpa. Il en parle toujours avec passion, bien qu'aujourd’hui il ne puisse plus la cultiver lui-même, et rien des problèmes de l'ejido ne lui échappe.

Et les terres que nous traversons semblent rendre bien cet attachement des gens d’Atenco. Les maïs sont déjà hauts, les foins rentrés, les autres cultures (citrouilles, tomates, oignons, poireaux, carottes, choux, ainsi que de nombreuses plantes aromatiques, mais aussi les nopales, les figuiers de barbarie, montrent elles aussi leur savoir faire, ainsi que l'autonomie alimentaire assurée, cette année encore. Les chevaux et quelques tracteurs aident à la tâche. Des groupes d'hommes et de femmes sèment de l'orge. Plus loin, nous passons à côté des serres sous lesquelles on cultive de la spiruline. Les membres du FPDT ont plein de projets, qui trouvent preneurs même chez des jeunes, en ces temps de mirages clinquants et d'artificialisation du monde. Nous évoquons ensemble la possibilité d’un échange avec des brasseurs de la région toulousaine : l’idée leur plaît.

Nous sommes parvenus au sommet de l'un des deux cerritos, petites hauteurs d'où l'on peut contempler toute la région, admirer l'étendue de l'ancienne lagune de Texcoco, celle des champs cultivés, et mieux comprendre  la logique froide et aberrante des plans gouvernementaux. Au loin, à trente kilomètres à peine à vol d'oiseau, se dessine le Cerro del Peñón, qui surplombe l'actuel aéroport de la ville de Mexico. Un peu plus loin, estompées par la brume de la pollution atmosphérique, comme irréelles et presque belles, les tours des gratte-ciel du Paseo de la Reforma. Le monstre, celui dont Ignacio del Valle disait que les ejidatarios d'Atenco lui avaient mis un doigt dans l'œil, semble prêt à bondir sur les pueblos. Déjà, vers l'ouest, de nouveaux lotissements alignent leur hideuse monotonie. Là-bas, les habitants se sont laissé séduire par les propositions de la Conagua, l'organisme gouvernemental de gestion de l'eau, qui prétend établir sur une longue bande de 2000 mètres de large un projet de protection des aquifères. Quand on connaît le zèle avec lequel les dirigeants de cette administration s'emparent des ressources en eau des communautés paysannes, pour les offrir à l'industrie, au tourisme ou aux quartiers résidentiels de luxe, on ne peut qu'être sceptique face à ces promesses. Ceux qui ont vendu à la Conagua, et qui rêvaient déjà de voiture tout-terrain ou d'un emploi de larbin dans une de ces entreprises du futur, commencent d'ailleurs à déchanter. C'est que les premiers paiements se font attendre, et les mois passent.

Aujourd'hui encore, comme d'ailleurs tous les jours depuis quelques années, les journaux font leurs gros titres sur la violence liée au narco.  20, 30, 40 morts  viennent quotidiennement nous rappeler qu'il s'agit bien d'une guerre. De nombreux policiers et militaires font d'ailleurs partie des victimes, dans un camp comme dans l'autre puisque la corruption gangrène l'ensemble des institutions de l'Etat. Les gangs disposent d'un armement et de complicités qui ne laissent aucun doute là-dessus. Mais cette guerre a un objectif bien différent de celui que proclament les autorités. Il s'agit bel et bien de vider les campagnes, d'en extraire une main d'œuvre jugée trop nombreuse et improductive,  de fournir à l'industrie (sans oublier celle de l'agro-alimentaire) et aux services du nord ou des Etats-Unis les travailleurs, y compris clandestins, dont ils ont besoin. Là où la résistance est trop vive, parce que l'attrait de la vie en ville n'est pas assez puissant, ou parce que la culture ancestrale est encore vivace, le recours à la militarisation s'impose. Depuis des décennies, l'Etat s'y emploie, dans les régions indigènes (15 pour cent de la population du pays) notamment. Or, il faut bien payer les militaires, et récompenser les civils qui acceptent de seconder les premiers dans les basses besognes de la « contre insurrection ». La plantation, et surtout la « commercialisation » de la drogue (marihuana, pavot) permettent d’assurer largement cette juste rétribution. Quant aux violents conflits engendrés par ces lucratives mais périlleuses activités, un accroissement de la militarisation est destiné à leur apporter une nouvelle « solution ». Celle-ci bénéficie de l'appui quasi unanime des grands médias, et même celui du gouvernement des Etats-Unis. L' « Initiative Mérida », comme le « Plan Colombie », ces programmes d'aide financière et militaire à des gouvernements corrompus et vendus aux intérêts des multinationales, ont donc pour fonction principale d'accélérer la transformation des campagnes et de leurs habitants en éléments de la production et de l'accumulation capitaliste. Les actuelles « mises en garde » du gouvernement de Barak Obama, exigeant des « éclaircissements » sur l'avancée de la « lutte contre le narco », et conditionnant l'aide apportée au gouvernement de Felipe Calderón à une plus grande transparence dans les opérations ne sont qu'un écran de fumée. Ce qu'il faut dénoncer, ce sont les exactions, les vols, les viols et les assassinats perpétrés par les forces de l'ordre dans le cadre de ce faux combat contre la drogue, et de la vraie guerre contre la population.

Dans le contexte actuel de crise économique, où des centaines de milliers d'emplois industriels sont détruits (faut il vraiment le regretter, quand on connaît les dégâts écologiques, sociaux et culturels engendrés par ces activités ?), où l'alimentation traditionnelle (le maïs) s'industrialise et entre en compétition avec la production des « biocarburants », la résistance des habitants d'Atenco semble à la fois dérisoire et hors du temps. Le « progrès » et ses conséquences, même les plus inquiétantes, semble inéluctable, pour ne pas dire souhaitable, aux yeux du plus grand nombre.

Mais l'histoire nous a bien montré que le plus grand nombre pouvait se tromper, et lourdement. Atenco et son Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra , ces minoritaires que certains n'hésitent pas à traiter de « talibans », Ignacio del Valle et ses compagnons Felipe Alvarez et Hector Galindo, Adán Espinoza ou América del Valle, que l'Etat mexicain emprisonne ou traque avec un cynisme imperturbable, nous disent pourtant qu'un autre monde est possible.

Un dernier détail, triste et savoureux, que nous apprennent nos amis d'Atenco : une nouvelle amende de 156 000 pesos (presque 10 000 euros) pèse sur Ignacio del Valle. Pour des motifs aussi absurdes et mensongers que ceux qui ont donné lieu aux autres condamnations. L'autre jour, la police est venue accompagner l'huissier chargé de récupérer l'argent, ou de saisir les meubles de cette famille. La vengeance de l'Etat n'a pas de bornes. Une bonne partie de la population était devant la maison, prête à en découdre, et les officiels ont dû repartir, la queue basse.

Ils reviendront certainement. Sur le chemin du retour vers la cité « défectueuse » (c’est ainsi que l’on nomme le DF, le district fédéral de la ville de Mexico), les quelques participants du réseau de diffusion du café zapatiste que nous sommes avons l’impression de comprendre un peu mieux ce que défendent les ejidatarios de San Salvador Atenco. 

Comme l’expliquait Jérôme Baschet dans Rue 89, cette histoire nous concerne. Et la meilleure des solidarités, à côté du soutien concret qui peut être apporté aux familles et aux compañeros des emprisonnés d’Atenco, sera certainement la multiplication des résistances, pour défendre ce qui peut encore être sauvé, ce qui peut encore nous donner l’espoir de vies dignes de ce nom. La résistance indigène, pour la défense et la récupération de terres sur lesquelles il redevient possible de construire l’autonomie se poursuit au Chiapas, mais aussi dans les états de l’Oaxaca, du Guerrero, du Michoacan (dans ce dernier à Santa Maria Ostula, des villages nahuas viennent de réoccuper des terres dont elles avaient été spoliées voici plusieurs décennies, et organisent leur défense, grâce à leur police et leur système de justice communautaire).

 

                                        Jean-Pierre Petit-Gras

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Samedi 1 août 2009

 

Non, non ! Ce n’est pas le score d’un match de rugby

Non, bien que les stadistes aient trainés leurs crampons du côté de Copenhague au début des années 70 pour soutenir la naissance du club danois. Mais la tournée, c’était plutôt, à l’époque, «  gauloises », danoises et bières… !

Non ! Nous prenons sérieusement la pâtée, mais il s’agit de vélo…

Vient d’être publier le classement mondial des villes les plus cyclables. Par villes cyclables, on entend ici les villes dont la part modale du vélo est la plus importante. Sans surprise, aucune ville française n’en fait partie… Pour espérer figurer Toulouse devrait espérer jouer en « championnat de France » et encore… rien ne prouve que le classement soit honorable.

Mais 55 pour Copenhague, c'est-à-dire ?

-         C'est-à-dire que 55% des déplacements de la population se font en vélo. Le reste, donc  tous les autres modes de déplacement (voiture, marche à pied, bus, tramways, rollers, taxis, etc.) se partagent les 45% restants…  Etonnant et intéressant.

-         Copenhague est une ville de juste plus de 500 000 habitants, assez comparable à la taille de Toulouse.
Pendant que les danois pédalent, ici les derniers chiffres nous renvoient un 3% des toulousains se déplaçant en vélo.

Alors ? Pourtant plus facile, question météo a priori, de faire du vélo dans le sud plutôt que sous des latitudes moins clémentes ? Donc, plus facile, a priori à Toulouse qu’à Copenhague…

Alors, question « culture »? Oui, mais…
Mais nous constatons que sur les 20 premières villes du classement (la 20è à 20 % de déplacements vélo quand même…), 16 sont, effectivement, des villes du froid : 3 danoises, 5 néerlandaises, 4 suédoises, 2 allemandes, 1 finlandaise, 1 japonaise, 1 suisse et 3 … italiennes !

Diable ! Ferrara (150 000 habitants) 30 % de déplacements vélo, Parme (200 000) et Bologne (375 000) 25 %, villes du sud de l’Europe aux pratiques similaires à celles de Malmö ou Amsterdam…Et si, dans tout ça il n’y avait pas un peu plus de volonté ici que là. L’« empreinte  culturelle » faisant son œuvre à la longue.

C’est le cas de Ferrara d’ailleurs. Au départ la pratique du vélo à Ferrara est plus due à une pratique ancestrale inconsciente qu’à une véritable volonté politique. En effet, le territoire plat est un bon atout pour le vélo, et les paysans venus en ville (suite à la mécanisation) disposaient de ce seul moyen de transport, les autres étant trop chers. Cependant, ces conditions existaient ailleurs en Italie, et l’utilisation du vélo à un tel degré ne concerne que Ferrara. Ceci est dû à la politique particulière mise en place à Ferrara.

Nous y voilà aussi…

 

 Un Plan du Trafic Urbain (PUT de Ferrara), a surtout essayé de faire face au problème le plus important : celui des accidents routiers. Pour réduire les risques, il a été choisi de mettre en place des fonctionnements et des équipements modérant la vitesse et séparant les circulations. De plus, un boulevard périphérique cyclable contournant l’enceinte de la ville historique a été réalisé. Ses points de jonction avec le réseau routier ont été surélevés par rapport au niveau de la route créant ainsi une continuité pour le parcours cyclable et un aménagement modérateur de vitesse pour la circulation.

 

 Aussi, on dénombre 110 000 vélos pour les134 000 habitants que compte la ville ainsi que 31 points de vente ou de réparation de vélos à Ferrara.

Parmi les nombreuses mesures prises :

ont été installés des râteliers simples à proximité des commerces, des abris couverts avec un trépied scellé permettant d'accrocher le cadre du vélo pour les stationnements dont la durée excède la journée, des parkings à vélo issus de la reconversion de parkings pour voiture (on peut mettre 12 vélos à la place d'une voiture), ainsi qu’un système de pompes publiques dans diverses rues du centre. Des cabines téléphoniques pour cyclistes ont été implantées et permettent aux cyclistes de téléphoner sans avoir à descendre du vélo. La structure particulière de la cabine permet en effet de bloquer la roue avant du vélo et de disposer ainsi de ses deux mains pour téléphoner. De plus, l'utilisateur est à l'abri en cas de pluie.

 

Du côté de chez nous…

Le 10 novembre 2008, une réunion de Tisseo s’est tenue, (objet, «  Révision du Plan de Déplacement Urbain, Commission Thématique Modes Doux »), avec entre autres l’élu municipal en charge des pistes cyclables et les représentants de l’association vélo.

Sur le compte-rendu de réunion il ressort que :

-         le réseau cyclable et des services vélos se développent à Toulouse …

Les déplacements à vélos augmentent sur l’agglomération : + 40% entre 1996 et2004

      -     150 km de réseau cyclable en 2001, 211 km en 2007, soit +40%

      -     La part modale de la marche progresse d’un point.

 

 

   En France, la ville dans laquelle le plus de déplacement se fait en vélo est Strasbourg avec plus ou moins 10 %.

Au regard de l’« explosion » des chiffres à Toulouse de quoi pourrions-nous nous plaindre ?

Sinon que la pratique « ancestrale » du vélo n’est pas toulousaine et que l’affirmation des choix politiques en la matière n’a pas la force de ceux qu’une ville, qui souhaiterait devenir emblématique, se donnerait pleinement les moyens de mettre en œuvre.


  *pour Ferrara infos fournies par  l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) et  Energie-Cités

 

 

 

 

 

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Mardi 21 juillet 2009


Ma cuillère en tomba dans mon bol de yaourt... Quand je la retirais il me sembla distinguer la trace d'un impact d'astéroïde sur la lune. Mon petit déjeuner, ce matin, dans la moiteur estivale était bercé par les incontournables commentaires d'un alunissage vieux de quarante ans... Sur France Inter, l'invité était Jean-François Clervoy, spationaute à l'Agence spatiale européenne.


Après avoir disserté sur la conquête de la lune, nous étions déjà sur Mars. Et à la question de savoir si, un jour, l'homme pouvait envisager de coloniser d'autres planètes pour les habiter, notre scientifique affirma que c'était possible. Ce qui, nous n'en doutons pas, doit être, à terme, effectivement techniquement possible. Mais les raisons invoquées qui pousseraient le terrien à migrer laissent pantois. (Ma cuillère en est tombée... !). Et il ne s'agit pas, sur cette migration là du poulet lambda, car on voit mal des RER de l'espace transportant quelques milliards de migrants (vous avez vos papiers ?) vers Mars.

En bon scientifique, ce Saint Cyrien, nous annonce qu'il faudra peut-être un jour quitter la Terre prête à disparaître, à cause d'un super volcan dévastateur ou en faisant fissa avant la chute imminente d'un astéroïde...

Nous sommes heureux d'apprendre, qu'aujourd'hui, la Terre n'a rien à craindre de l'homme. Point de réchauffement climatique en vue, avec, déjà,pourtant, sur la planète des réfugiés qui ont les pieds dans l'eau. Rien de la pollution des océans qui mettra à terme en danger notre espèce avant d'en avoir éliminé un bon nombre. Rien sur un feu d'artifice nucléaire toujours possible (et encore plus avec le vieillissement des centrales)... C'est du Allègre.  La calamité nous viendrait du centre de la terre ou du ciel ! Il y a une chute de météorite tous les 100 000 ans... En gros une chance sur 37 millions pour que la Terre soit détruite. Quant à la catastrophe climatique ou nucléaire ?


Bon, n'oublions pas que dans l'histoire de Jean-François Clervoy nous précise que le retour sur la lune qui se précise n'est pas anodin : on estime qu'il y a environ 1 million de tonnes d'hélium-3  qui se trouve sur la lune. Il est enfoui très près de la surface. Oui, et alors ? Vous avez dit Hélium-3 ?


L'Hélium-3 est le carburant idéal des centrales nucléaires... Bon sang, mais c'est bien sûr !

 

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Dimanche 12 juillet 2009


Et voilà l'« Ecollaboration » ! En la matière les boîtes de marketing ne manquent pas de peinture...

C'est Nespresso qui l'a rêvé, c'est Rainforest Alliance qui l'a fait. Rainforest Alliance et Nespresso annoncent leur  « Ecollaboration ». Voilà un extrait du faire part de mariage (idyllique) annoncé par Universal Press Agency :
« Les plantations certifiées respectent des normes bien précises couvrant tous les aspects de l'agriculture durable : d'une part, la préservation de l'eau et des sols, la protection des forêts, de la faune et de la flore, d'autre part, le respect des droits et des avantages sociaux des travailleurs et de leurs familles (salaires décents, accès à l'eau potable, à l'éducation, aux soins médicaux et à la sécurité). Durant ces cinq dernières années, Nespresso et Rainforest Alliance ont entamé une quête pour démontrer qu'une plantation gérée de manière durable avec des impacts bénéfiques pour les communautés locales et l'environnement permet d'améliorer la qualité du café, les arômes subtils de ce savoureux nectar.
C'est une bonne nouvelle pour les six millions de membres du club Nespresso qui sont à la recherche du parfait expresso. Le café Nespresso est présenté sous forme de capsules qui, une fois insérées dans une machine Nespresso hautement perfectionnée, font un café expresse chaud, surmonté d'une mousse dorée.
Pour leur part, les caféiculteurs sont ravis de rejoindre Nespresso et
Rainforest Alliance dans cette recherche de « qualité durable », car le fait de cultiver du café de grande qualité leur assure généralement une plus grande stabilité financière. Environ 80 000 plantations vont faire partie du programme de qualité durable à la fin de la saison des récoltes 2012-2013. »

Donc les six millions de membres du club Nespresso (sacré club ! Les soirées d'AG au Club House doivent être sympas...) vont continuer à brader des centaines de  millions de capsules en aluminium. Et cette fois en toute bonne conscience. Ils n'étaient que quelques uns à se poser des questions sur le recyclage et à tenter quelques remarques à la boîte. Quant à l'extraction de la bauxite devant servir à la fabrication des fameuses capsules, qui est une véritable plaie pour l'environnement, Nespresso n'en a que faire. D'Inde au Vietnam, du Mali au Brésil, de la Chine au Togo les mines font des désastres. Au Mont Agou, au Togo, Togbui Egouleté,  porte-parole des populations, s'est inquiété des impacts négatifs de l'exploitation de bauxite. Dans le secteur, c'est notamment la destruction de la faune, de la flore, des terres cultivables, des arbres fruitiers et la pollution des eaux et de l'atmosphère qui est en cours. Selon lui, ce projet va occasionner des déplacements de populations et la pauvreté. Cette montagne à la végétation exubérante, réputée pour ses essences forestières, ses plantations d'arbres fruitiers (avocats, bananes, plantains) et de cacao et ses paisibles villages nichés sur les flancs, est vendue à MM Mining, entreprise bahaméenne. En effet, ce n'est un secret pour aucun togolais que l'exploitation des phosphates a été un chaos total dû non seulement à la mauvaise gestion mais aussi à la corruption et aux pillages systématiques auxquels se sont livrés les tenants du pouvoir pendant plus de 40 années.
Après plus de 40 ans d'exploitation la zone minière est complètement sinistrée. Les populations sont dans un dénuement total et la pauvreté dans cette zone a atteint des proportions très inquiétantes. En plus des montagnes artificielles qui sont créées partout, les sols se sont énormément appauvris obligeant les populations à se déplacer vers d'autres régions à la recherche des terres fertiles. L'eau et l'électricité sont presque inexistantes dans cette zone où on note un manque chronique d'infrastructures sanitaires et scolaires. A Kpémé où se trouve l'usine des phosphates, les populations se plaignent régulièrement des maladies de tous genres. L'environnement est constamment pollué, la mer y est jaunâtre. Les Togolais ont déjà donné... Ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres. En Inde, notamment, des dégâts sont similaires avec des mines de bauxite.

Nespresso la joue classe et signe un pacte quand Tata, en Inde justement, la joue populaire et environnementaliste avec sa nouvelle Nano.

« Le groupe de Tata fait un choix  explicite sur des questions environnementales et écologiques et un large programme vis à aider des sociétés Tata à protéger, conserver et restaurer nos ressources naturelles. » C'est lui qui le dit...


Pendant ce temps, l'histoire est beaucoup moins belle : à Dhamra, en Inde, Tata construit un port gigantesque qui menace une plage où des milliers de tortues olivâtres menacées viennent pondre leurs œufs chaque année. Les travaux d'excavation ont déjà commencé : ils sont réalisés par une entreprise belge, Dredging International.

Chaque année, entre 200.000 et 500.000 tortues olivâtres viennent à terre pour pondre leurs œufs sur la plage de Gahirmatha, sur la côte indienne. Douze kilomètres plus loin, Tata a commencé à construire un port, qui sera ainsi responsable de la disparition de l'un des derniers endroits de nidification au monde de ces tortues.


Belles vacances ! Et si vous voulez voir des tortues peut-être irez-vous craquer un peu de Co2 en barbotant aux Maldives. Dépêchez-vous : Les Maldives sont à la recherche de terres d'accueil pour leurs populations. L'archipel est de plus en plus fragile. Le ministre de l'Environnement du pays a déclaré « Ne soyons pas naïfs et préparons-nous au scénario du pire »  qui est l'engloutissement de l'archipel. Si les prédictions du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) se réalisent une partie des atolls maldiviens ne résistera  pas d'ici peu.

"Ecollaboration...?"

- Ecocolabo.


                                        Sur le port de Malé ( 100 000 habitants)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 30 juin 2009

Et Vinci inventa l' « éco-autoroute »! L'inauguration, le 8 juin, se fit en présence de Dominique Bussereau.... Autoproclamée et auto-labellisée, on ne recula devant rien pour l' « éco-autoroute ». L'affiche d'invitation était aussi un parfait tour de force d'escroquerie verte, de « greenwashing » ou de grenellisation des esprits. Le tour de force (un autre) en écomarketing des lobbies consista à concevoir une affiche ou ne figure ni la moindre voiture ni le moindre camion... Promeneurs, musiciens, ballons, rollers et cyclistes habitent ce formidable ruban noir asphalté...

Le monde enchanté de l' « éco-autoroute » par Vinci, c'est 29 passages pour grands animaux sauvages (cerfs, chevreuils...), 87 pour les petits animaux (renards, grenouilles...), 107 bassins de collecte et de traitement des eaux de ruissellement...Une façon de brader les hectares perdus à la cause macademisée. Sur les aires les jeux pour enfants sont en bois et en pneus recyclés.

Le « calage fin » du tracé de l'autoroute A19 a été largement conditionné par l'évitement de la Scille à deux feuilles (Scilla bifolia), espèce protégée. Il faut que « l'artificiel devienne naturel » (sic) Et les plantations sont localisées de telle sorte qu'elles apparaissent pour le conducteur comme des« arythmies visuelles ».


Après la bénédiction gouvernementale et le ruban tricolore coupé, l'A19, 101kms entre Artenay et Courtenay est conçue pour absorber 8.000 à 9.000 véhicules par jour dont 20% de poids lourds et rejeter l'équivalent en rejets de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

 «C'est un modèle vers lequel l'ensemble du réseau doit tendre», a indiqué Dominique Bussereau. La société d'autoroute Sanef et le groupe Eiffage travaillent au projet de l'A65 dite « autoroute de Gascogne », qui doit relier fin 2010 Langon et Pau. Elle sera, elle  aussi repeinte en vert. Voilà comment contourner un Grenelle auquel nous n'accordions pourtant pas un sou (fut-il vert) de crédit, et qui s'était avancé en reculant sur un flou et fumeux  moratoire autoroutier sauf si...les circonstances...

Le ruban noir a donc été repeint en vert...

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Jeudi 25 juin 2009

« Et à l'Education nationale : Luc Chatel... » Darcos, lui va aller tailler ce qui est encore possible au travail !

Juste avant sa nomination à ce  ministère du travail, Xavier Darcos a achevé son travail de démantèlement en annonçant 16 000 suppressions de  postes dans l'Education en 2010.

Luc Chatel a aussi inscrit sa mission «dans la continuité de l'action qui a été celle de Xavier Darcos», assumant les 16 000 coupes.


Nous n'en doutions pas.


Luc Chatel à l'Education nationale, c'est un gros lot. Il était jusqu'à présent plus connu comme spécialiste des questions de consommation. Diplômé de gestion et de marketing, il a mené sa carrière au sein du groupe L'Oréal, avant de s'engager en politique à Démocratie Libérale. Le Madelin nouvelle génération voudrait, tant qu'à faire, que les magasins soient ouverts huit jours sur sept (« le travail du dimanche est une avancée sociale »). «Chadelin » pour qui  la publicité doit être un moteur de la consommation, ne manquera pas d'enfoncer un coin dans l'Ecole qui résiste contre vents et marées à la pub masquée ou à celle, aussi, plus démonstrative des parrainages et pseudo (ou vrai) sponsoring.

Cette après-midi, en passant en vélo devant l'école devant laquelle j'ai exercé durant des années, il y avait un air de fête. Temps de kermesse, école ouverte, musique et flonflons. Ambiance bonne enfant ...  Je me disais que les années passaient et que des plis étaient pris. Ferry, Darcos ou Chatel ...

La grille extérieure était pourtant joliment ourlée de ballons multicolores ronds de bonheur au soleil. Mon coup de pédale en prit quand même un sacré coup quand je réussis à décrypter que sur chaque  ballon était inscrit : « Crédit Agricole ».

Et si le coin rentrait dans du beurre ?

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Lundi 22 juin 2009

L'UMP ne se contenterait plus du confort d'une alternance de fait avec le PS... C'est Jean-Pierre Raffarin qui nous le dit. Il a préconisé une « réflexion » sur le scrutin à un tour « sur toutes les élections, présidentielle comprise ». Mais encore...? « La méthode Sarkozy, c'est-à-dire un leadership présidentiel fort, un parti majoritaire unitaire et une stratégie d'ouverture, conduit à ne pas avoir de réserves au deuxième tour. Mais, dans une élection à un tour, nous sommes entre 25 % et 30 % des suffrages, ce qui correspond au score sarkozyste. » Il ajoute qu'il se « refuse à laisser les petits partis devenir les arbitres des grandes échéances électorales ». Jusqu'à présent les bidouillages électoraux étaient toujours habillés d'arguments qui appelaient à la démographie, à un meilleur fonctionnement démocratique... Raffarin est, lui, totalement décomplexé (c'est comme ça qu'il faut dire) sur cette question : « Quand on avait deux partis, le RPR et l'UDF, on avait des réserves de voix au second tour. Maintenant qu'on n'a qu'un parti, on n'a plus de réserves de voix au second tour. » Que du bons sens ! « On aurait intérêt à un changement de scrutin électoral avec un scrutin à un tour ». Oui ! Maintenant que UDF, PS se retrouvent globalisés avec l' « ouverture » sarkozienne, plus de bonnes raisons de compter leurs voix ainsi que celles des autres. C'est la Chine, du très sinologue Jean-Pierre Raffarin (qui vient d'ouvrir son blog en chinois...) qui semble l'inspirer... Et puis, le grand timonier Raffarin ne sera pas loin de penser que, avec une élection à un tour qui placera une UMP « ouverte, plurielle » à chaque fois devant, à quoi bon compter les bulletins de petits partis encombrants. La rigueur budgétaire de l'Etat pourrait bien nous conduire - Why not ? - Yes ? - à supprimer ces élections inutiles et coûteuses. C'est ce qu'on appelle une « positive attitude »...

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Mardi 9 juin 2009

Les soirs et lendemain d'élections se suivent... Comme après chaque scrutin, les petites phrases et commentaires nous ont été servis avec le même aplomb, le même culot ou dans le moins pire des cas, avec la même naïveté.

Des vainqueurs en trompe l'œil pour les uns, des perdants fiers à bras pour les autres, adversaires d'hier ou alliés de demain...l'électeur a parfois du mal à retrouver son bulletin.

Parmi les florilèges, Nicolas Dupont-Aignan qui estime qu' " un nouveau parti est né "... Avec ses 1,77% des voix sur, n'oublions surtout pas, 40,69% de votants, voilà qui laisse des perspectives...

Mais s'il y a une déclaration (très courte) à retenir, pas de doute, ça sera celle de Pierre Cohen, maire de Toulouse : "  C'est un mauvais résultat. Malgré le score de l'UMP, Nicolas Sarkozy a quand même 72% d'électeurs contre lui. On ne peut plus parler aujourd'hui d'alliance avec le Modem ni avec l'extrême gauche. Il faut rassembler les forces de gauche progressistes et faire le bilan. A Toulouse, la majorité municipale totalise 47% des voix, contre 37% à l'opposition, qu'elle devance largement. »

Donc, « On ne peut plus parler aujourd'hui d'alliance avec le Modem ni avec l'extrême gauche "... Avec l'extrême gauche, nous avions cru le comprendre lors de l'entre deux tours de l'élection municipale de 2008 où la LCR pouvait prétendre, avec son score, apparaître sur une liste de deuxième tour. Pierre Cohen avait sorti sa calculette et estimé que son avance devait être suffisamment confortable pour ne pas s'embarrasser d'une force de gauche « non progressiste », donc. Il fit le même calcul avec l'Autre liste jugée, elle aussi négligeable sur un plan comptable et donc qualifiée, elle aussi, de non progressiste. Voilà qui était réglé avec une LCR d'extrême  gauche et une Autre liste de gauche...

Mais pour le Modem, Pierre Cohen nous réserve un scoop : on ne peut plus parler d'alliance "aujourd'hui "! 

Hier, pourtant (toujours municipales), P. Cohen avait refusé, calculette à la main, les offres du Modem. Foin de programme, de centristes ou de droite déguisée, non, non, il nous le dit aujourd'hui : tout était donc visiblement encore possible hier puisque ce n'est plus possible aujourd'hui... Et les 7,45% que pèse à cette élection le Modem ne l'intéresse pas plus que les 5,9 d'hier aux municipales... Ah si les oranges pesaient 10kilos de plus à 16 ou 18 %, on les presserait bien !

Tiens, 16% ! C'est tout juste le score (national) d'Europe Ecologie. Et qu'apprends-je ??? Me voilà annexé !!! . " A Toulouse, la majorité municipale totalise 47% des voix, contre 37% à l'opposition, qu'elle devance largement. " Bigre. Voilà que mon bulletin Europe Ecologie a subi une OPA de Pierre Cohen. Comment ceci est-il possible ? 47% vous avez dit ? 47%... J'ai pris ma calculette : à Toulouse PS 16,96 + 7,92 du Front de Gauche + ... 22,05 d'Europe Ecologie= 46,93%... Monsieur Cohen, après la calculette, sait fort bien manier la caisse enregistreuse. Il fait semblant d'oublier que les Verts ne sont qu'une composante d'Europe Ecologie. Qu'ils ne sont là, et sur cette élection de façon très intelligente, que pour moitié ; le reste des listes allant de militants associatifs, à des syndicalistes en passant par des altermondialistes.

Non monsieur Cohen, je ne me considère pas de la majorité municipale en ayant voté pour Europe Ecologie. Même si le pourcentage auquel j'ai contribué avec des Verts affole votre calculette à 22%. 

Ou comment voir son bulletin méprisé à une élection parce qu'il ne pèse que 5,42%(municipales) et annexée quand il brille à 22 (européennes)...

Par ailleurs, je constate un manque définitif de scrupules de votre part en annexant aujourd'hui François Simon (Europe Ecologie), tête de liste ignorée de l'Autre liste hier.

Calculette et caisse enregistreuse, c'est une vision de la politique.


Mais au fait, si sur votre calculette les Verts pèsent 22, le PC+le Parti de Gauche 7,92, on est à 30... Un PS à 17 à la mairie de Toulouse, va falloir redistribuer les mandats (car ce n'est pas le rapport aujourd'hui) ou donner un sacré coup de peinture verte.


 

 

 

 

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Samedi 6 juin 2009
Il y a quelques jours un vigneron en biodynamie me confiait presque un peu honteux qu'il avait eu deux vies professionnelles : sa vie en « conventionnel », 20 ans, et celle, actuelle, de paysan bio : 18 ans. Et moi de le "rassurer" en lui disant que nous pourrions tout simplement compter 38 ans de conventionnel (comme tant d'autres) et que son parcours accompli me semblait remarquable, exemplaire, avec la prise de conscience qui va avec. Si tous avaient, il y a 18 ans fait ce choix... !
Je ne pensais pas si bien dire : les lobbies viennent encore de nous prouver leur responsabilité sur le désastre écologique et donc sanitaire.
POUSSER LE BOUCHON UN PEU TROP LOIN...

En avril 2008, des associations font analyser 40 bouteilles de vin rouge : des vins français, autrichiens, allemands, italiens, portugais, d'Afrique du sud, d'Australie et du Chili sélectionnés parmi des marques à bas prix et haut de gamme. 34 vins étaient issus de l'agriculture intensive et 6 d'une production biologique.
 Pourquoi cette analyse?
C'est que des chiffres publiés par le ministère français de l'agriculture suite à une étude sont sans ambigüité : 3,5% de la superficie agricole, consacrés à la production de raisin, reçoivent environ 15% des pesticides de synthèse appliqués sur les grandes cultures. 1/3 des pesticides appliqués aux raisins sont systématiquement transférés au vin lors de sa production. Le MDRGF (Mouvement pour le Droit et Le respect des Générations Futures) pour la France, Global 2000 pour l'Autriche et Greenpeace pour l'Allemagne ont donc voulu en savoir plus...

Les résultats sont sans ambiguïté : la totalité des vins issus des vignes cultivées de manière conventionnelle sont contaminés, avec en moyenne des résidus de 4 pesticides différents (les plus contaminés d'entre eux affichant jusqu'à 10 pesticides). Mis à part un cas spécifique, les vins biologiques analysés ne présentent pas de traces de pesticides. Le seul vin bio contaminé est produit à proximité de parcelles menées de façon conventionnelle !

À l'inverse de l'eau, il n'existe pas de limites maximales autorisées à la contamination du vin, on se réfère à celles utilisées pour le raisin, lesquelles sont très importantes (les plus élevées de la production de fruits). Face à ce vide légal, rien d'étonnant que les niveaux de contamination observés dans le vin battent tous les records et laissent loin derrière les niveaux tolérés pour les pesticides dans l'eau. L'étude a ainsi enregistré un maximum s'élevant à 5800 fois les Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l'eau du robinet !

Parmi les substances identifiées, de nombreuses sont considérées comme des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques. Ainsi, à titre d'exemple, de la procymidone classée cancérigène, reprotoxique et perturbateur endocrinien par l'Union européenne se retrouve dans les vins français et italiens.

 En octobre 2008, 5 associations environnementales européennes achetaient 124 échantillons de raisin de table dans 16 chaînes de supermarchés situées en Allemagne, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas et Allemagne. L'objectif de l'opération était d'évaluer la teneur en pesticides de ces raisins, de la même manière que cela l'avait déjà été pour le vin. Résultat : 99,2 % des raisins analysés étaient contaminés, soit 124 échantillons sur 125 testés ! Et  pour la France plus précisément?

100% des 25 échantillons testés étaient contaminés. 44% des raisins étaient contaminés par 10 ou plus de 10 pesticides. 16% des échantillons dépassaient les nouvelles Limites Maximales en Résidus européennes (LMR), des limites légales à ne bien sûr pas dépasser !

Cerise sur le gâteau, des pesticides interdits d'usage dans toute l'UE ou dans le pays de production ont été retrouvés dans du raisin italien!

 

Mais vous deviez vous en douter, ce constat n'a évidemment pas plu, mais pas du tout, aux producteurs, puisque la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table a assigné en justice l'association française MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures). En conséquence, pour ce qui est considéré comme un "dénigrement du raisin de table", le MDRGF se voit réclamer la somme de...500 000 €, la publication du jugement dans 10 médias nationaux et la suppression sur son site Internet !

Avec cette assignation, comme le souligne le MDRGF, c'est en fait la liberté d'information qui est mise en cause, et la décision du tribunal sera à ce titre doublement intéressante à connaître.

Notons que de la même manière, la chaîne de télévision TF1 aurait également été assignée en justice pour avoir dénigré le raisin de table dans le cadre de l'émission "Attention à la marche", le 22 novembre dernier. Dans cette dernière, un candidat s'est en effet vu poser la question : "quel est le pourcentage de raisin contaminé par les pesticides vendus en grande distribution ?"...


UN NON DEBAT EUROPEEN


Alors, on veut bien suivre, sur l'Europe, les viticulteurs derrière la bouteille de rosé français qui a tout de même contribuée (avec aussi l'affligeante prestation de Dati - encore une -, les atermoiements kouchnérien, les mèches fumeuses Dieudonné allumés par l'Elysée...etc.) à contourner la honteuse directive retour, les faux semblants avec les paradis fiscaux ou le rôle de la BCE entre autre pour éviter tout débat européen, mais faudrait pas pousser le bouchon de rosé un peu trop loin !

Notons tout de même que Barnier a mis de l'eau dans son rosé, lui qui avait défendu le coupage du rosé avant de reculer et nettoyer son verre. C'est une ouverture rosée qui tourne mal...

Rouge, rosé ou...vert, demain faudra voter ! Mais l'écologie vous ira si bien au teint avec votre bouquet choisi pour votre maman préférée.
Et sans vouloir gâcher votre plaisir, ne frottez pas trop votre nez dans les pistils car le bouquet est, lui aussi, généreusement pouponné aux pesticides (nous en reparlerons...) Quant à sa lourde empreinte écologique, relire sur ce blog  PAS DE ROSES SANS EPINES... du 03/09/2008.

 

 

 

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